SURVIVANT et familles sans nouvelles
L'unique survivant du I29
Monsieur Kosuke Onda, le seul survivant,  a vu les photos de l’album 50 ans après. Il les a offertes sur son petit autel bouddhique qui orne sa demeure et en a informé ses amis.

Il feuillette l’album en nommant chaque marin. Voici ses paroles « Je suis le seul à avoir survécu, c’est très dur ; la vie est pesante quand je pense à tout cet équipage. Je ne sais comment je vis »
Sa douleur d’être le seul survivant est terrible, surtout qu’il souffre d’une maladie cardiaque.
D’après Monsieur Onda, l’album a été réalisé par la marine allemande durant le séjour en France et un exemplaire a été offert à chaque marin lors de la fête du départ. Tous les autres albums sont sous l’eau dans l’épave du sous-marin.

Dans l’album fait pendant ce séjour  à Lorient l'on peut voir des photos paisibles où l’équipage s’amuse, joue, fait du sport et visite Paris.
On a du mal à croire que cela se passait pendant la guerre. En revanche, il y avait quelques hommes du sous-marin qui devaient faire beaucoup de travail pour apprendre  les techniques des derniers  radars  et le maniement des nouvelles armes allemandes.
Kazuo GOTO    1994-1995
Journaliste  de ASASHI SHINBUN   
 Traduction YUKO KOSHIZAWA

Le deuil des familles laissées sans nouvelles
Les questions des familles étaient bien sûr : « Mon mari, mon père ou un frère sont-ils sur les photos ? »
Voici quelques cas :

Quand la veuve  du chef mécanicien du sous-marin  Mitsuko EBIHARA a lu l’article que son fils lui avait apporté, elle a reconnu  son mari tout de suite  sur les photos de groupe. «  Je suis très contente car je n’avais reçu aucune nouvelle depuis l’annonce officielle du décès. J’étais prête parce que mon père aussi était un soldat. Nous n’avons habité ensemble que pendant quatre mois.  J’ai pensé me suicider avec mon bébé plusieurs fois »
Son fils, Hiromi TAGUCHI dit « Je ne connais mon père qu’au travers des photos » Il a le visage de son père.

Mitsui TERAUCHI, la sœur de Okawa, le médecin du sous-marin «  Pour le pays, je n’ai pas pleuré quand on m’a annoncé sa mort, c’était comme cela à l’époque.  A la fin de la guerre, j’ai pleuré en pensant que mon frère était mort comme un chien pour rien »

Hisako ICHIKAWA, la veuve du premier Maître Shizuo KAMIYA dit « Ma mère ne m’avait même pas informée de sa mort car je venais d’avoir un bébé. Mon mari est mort sans savoir qu’il avait un enfant »

Les blessures des familles sont très profondes.
Kazuo GOTO    1994-1995
Journaliste  de ASASHI SHINBUN   
 
Traduction YUKO KOSHIZAWA